Personnes âgées / handicap
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"Notre société doit changer de regard ! "

publié le 26.09.2017
Anne-Françoise Courteille
Anne-Françoise Courteille

Afin de permettre aux personnes âgées ou aux personnes en situation de handicap de mieux vivre leur perte d’autonomie, le Département mise sur l’innovation sociale. Entretien avec Anne-Françoise Courteille, vice-présidente du Conseil départemental, déléguée aux solidarités, aux personnes âgées et au handicap.

La perte d’autonomie, c’est un dossier complexe. Une priorité pour le Département ? 

« Avec la loi NOTRe d’août 2015, le Département est devenu le chef de file en matière de solidarités humaines et de solidarités territoriales. L’accompagnement relatif à la perte d’autonomie est un sujet complexe, vous avez raison. Mais nous l’avons inscrite dans notre schéma départemental. Pour nous, l’innovation sociale est un enjeu important. Permettre aux personnes âgées ou aux personnes en situation de handicap de mieux vivre leur perte d’autonomie, dans l’endroit de leur choix et ce, quels que soient leurs revenus : voilà notre ambition ! Et puis, les leviers d’action existent : la formation, la création de places en établissement, l’adaptation de l’offre à la demande, notamment dans le domaine de l’habitat. Ou encore l’expérimentation en matière d’innovation sociale. La mission du Département ne se limite à la distribution d’aides compensatoires. La réponse doit être globale en permettant à la personne accompagnée d’être elle-même actrice dans ses choix de vie. »

Quelle est la valeur ajoutée d’un salon comme Autonomic ? 

« Il est primordial d’encourager ce type d’événement  : à la fois pour diffuser de l’information utile, notamment pour les aidants et les familles, mais également pour faire bouger les mentalités. Le regard de notre société sur le handicap et la perte d’autonomie a certes évolué ces dernières décennies, mais le chemin qu’il reste à parcourir est encore très long. Nous devons apprendre à penser autrement. C’est à l’ensemble de notre société de s’adapter à tous et à toutes les situations. Plus l’inverse. Et c’est ce qui fera toute la différence. On estime qu’en 2030, il devrait y avoir près de 42 % de personnes âgées dépendantes de plus. Et, avec l’évolution de la médecine, de la qualité de la prise en charge et des soins, de plus en plus d’enfants en situation de handicap survivent à leurs parents, pour lesquels c’est évidemment une source d’angoisse. Nous devons nous adapter à ces évolutions. Le tout dans un contexte de fortes contraintes budgétaires. Mais c’est une question de valeurs. Nous devons travailler à une société plus accueillante pour tous. »

L’innovation, c’est aussi une façon de changer de regard ? 

« Tout à fait ! Longtemps, il n’y a eu que deux solutions : le maintien à domicile et l’accueil en établissement. L’avenir, c’est sans doute de décloisonner, notamment à travers ce que l’on appelle l’habitat intermédiaire. Autrement dit, l’habitat adapté pour les personnes âgées et l’habitat regroupé pour les personnes en situation de handicap. Mais au final, tout cela participe du même élan. Les personnes aidées vivent mieux leur perte d’autonomie, plus longtemps, et nous développons de la connaissance et de l’interconnaissance. L’exemple de la résidence Saint-Cyr, à Rennes, où sont accueillies des personnes autonomes, des personnes qui ont besoin de soins pluriquotidiens et même des étudiants est riche d’enseignements. Sans doute un exemple à méditer pour réinventer notre regard sur la perte d’autonomie, notre rapport aux autres et à notre communauté. »
 

Les chiffres clés de l’aide au handicap 

Budget consacré par le Département en 2017 (prévision) : 136 millions €. 
La Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) fonctionne comme un guichet unique pour toutes les démarches liées aux diverses situations de handicap. Elle a reçu plus de 65 000 demandes (80 % d’adultes) et rendu 64 000 décisions en 2016. 
3 300  bénéficiaires de la Prestation de compensation du handicap (PCH). 
4 290  places en établissements pour adultes handicapés (relevant de la compétence du Département). 

 

L’aide aux personnes âgées dépendantes 

Budget consacré par le Département en 2017 (prévision) : 128 millions €. 
Vie à domicile : 9 200 bénéficiaires de l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) à domicile. 
Accueil de jour (aide aux aidants) : 288 places.
Accueil en établissement : 12 940 places ; 9 500 bénéficiaires de l’APA en établissement. 
Accueil familial : 300 places agréées par le Département.

Source : supplément Ouest-France, Christian Veyre.